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RDM 2 — Mécanique des structures (animations pédagogiques)

Cette section regroupe les animations pédagogiques du cours de Résistance des Matériaux 2 (Mécanique des structures) enseigné en école d'ingénieur. Le cours s'ouvre par les rappels de conventions (coupures, signes N, V, M), puis aborde trois grandes thématiques : (1) la physique des systèmes hyperstatiques ; (2) la statique des arcs et voûtes — funiculaire, ligne des pressions, ponts bowstring, voûtes 3D, et cinq cas concrets emblématiques (Pont du Gard, Exchange House SOM, Salginatobel-Maillart, cathédrale gothique, viaduc de Garabit-Eiffel, voiles minces de Torroja) ; (3) le calcul des treillis — méthode des nœuds, méthode de Ritter. Approche pédagogique « intuitive avant formelle » avec animations dynamiques.

Fiche module synthétique

NiveauS5-S6 (3e année école d'ingénieur)
Pré-requisRDM 1 (poutre fléchie, théorèmes énergétiques), calcul matriciel
Conventions de signeN > 0 = compression, M > 0 = fibre inférieure tendue, V = dM/dx (établies au module Rappels, à mémoriser).
Acquis visés (Bloom 3-4)Calculer le degré d'hyperstaticité d'une structure plane ; résoudre une structure hyperstatique simple par la méthode des forces ; tracer la ligne des pressions dans un arc maçonné et vérifier la règle du tiers central ; comprendre l'auto-équilibre d'un pont bowstring ; analyser les efforts membraniques d'une coupole 3D ; résoudre un treillis isostatique par méthodes des nœuds ou de Ritter.
Bloc 0 — Rappels et conventions
Rappels
Coupures, efforts internes (N, V, M) et conventions de signe
Animation interactive de la coupure sur 5 cas-types (poutre simple sous q, P, M₀ ; console ; poteau pur). Visualisation des efforts internes N, V, M sur la coupure. Diagrammes V(x), M(x) tracés en parallèle. Vérification numérique de V = dM/dx. Distribution σ(y) sur la section et fibre tendue identifiée. Conventions du cours : N > 0 = compression, M > 0 = fibre inférieure tendue.
1er onglet du cours : conventions à connaître avant tout calcul.
Bloc 1 — Physique des systèmes hyperstatiques
Hook 1
Trois portiques comparés — isostatique vs hyperstatique
Comparaison côte à côte de trois portiques de même section et hauteur sous même charge latérale : cantilever (h = 0), bi-articulé (h = 0), bi-encastré (h = 3). Déformées animées + diagrammes de moment. Démontre visuellement la redistribution des efforts et la réduction du moment maxi par hyperstaticité.
Calcul du degré h pour systèmes plans (R + 3n − 3m − a). Avantages/inconvénients.
Concept 1
Méthode des forces sur poutre continue
Animation pas-à-pas (5 étapes) sur une poutre continue à 2 travées (h = 1). Coupure de l'appui central, calcul des coefficients de souplesse δ10 et δ11, équation de compatibilité, superposition M = M0 + X·m1. Diagrammes M0(x), m1(x) et M final.
Müller-Breslau (1886), Maxwell-Betti. Préparation à la méthode des déplacements (logiciels EF).
Bloc 2 — Statique des arcs et voûtes
Hook 2
Funiculaire des charges — chaîne pendante ↔ arc
Animation d'inversion chaîne pesante → arc parfait (intuition de Gaudí). Quatre distributions de charge : uniforme sur la longueur de chaîne (caténaire), uniforme sur l'horizontale (parabole), ponctuelles (polygone funiculaire), triangulaire (cubique). L'effort normal varie de N₀ (au sommet) à Nmax (aux appuis).
Sagrada Família (Gaudí), Pont du Gard (romain), Salginatobel (Maillart 1930).
Concept 2
Arc maçonné — ligne des pressions, tiers central
Arc paramétrable (parabolique / circulaire / caténaire / ogival) sous charge uniforme + charge ponctuelle. Tracé de la ligne des pressions, du tiers central (e = ±h/6), et des contraintes σmax et σmin aux fibres extrêmes. Verdict gradué : compression pure → fissuration → mécanisme à 4 rotules.
Théorème de Heyman (1966). Voûtes romanes vs gothiques. Pont du Gard, Salginatobel.
Concept 5
Pont en bowstring — auto-équilibre par tirant
Arc + tirant horizontal reliant les pieds. Le tirant absorbe la poussée H₀ de l'arc en interne par traction, libérant les appuis qui ne reçoivent que les réactions verticales. Configurations : bowstring / arc simple / comparaison. Calcul de Ntirant, Narc, σtirant. Comparaison structurelle bowstring / arc encastré / poutre simple.
Hell Gate Bridge (1916), Sydney Harbour Bridge (1932), Pont Adolphe Luxembourg (1903).
Concept 6
Voûtes 3D — coupoles et dômes géodésiques
Théorie membranaire : efforts méridiens Nφ (toujours compression) et parallèles Nθ (compression au sommet, traction au-delà de 51,8°). 4 types : sphérique, ellipsoïdale, caténoïde (Gaudí, optimale), géodésique (Fuller). 3 vues : méridienne, parallèles, 3D. Comparaison historique : Panthéon, Florence, St-Pierre, Sagrada Familia, Biosphère Fuller.
Panthéon Rome (125), Brunelleschi (1436), Buckminster Fuller (1949+).
Cas pratique
Pont du Gard & Exchange House (SOM) — arcs sous chargements réels
Cinq animations pédagogiques sur trois cas concrets : (1) Pont du Gard sous actions verticales (poids propre, eau) et horizontales (vent), vérification du non-renversement ; (2) arc parabolique sous chargement dissymétrique (q_gauche ≠ q_droite, charge ponctuelle P) avec ligne des pressions qui dévie du tiers central ; (3) Exchange House Broadgate (SOM, Bill Baker, 1990) — 4 arcs paraboliques portant 7 niveaux suspendus sur 78 m. Comparaison à l'échelle 4 ouvrages emblématiques. Chemin des forces.
Pont du Gard (~50 ap. J.-C.), Exchange House SOM Bill Baker / Hal Iyengar (1990), Salginatobel Maillart (1930), Sagrada Família Gaudí.
Cas A
Pont de Salginatobel (Maillart, 1930) — arc à 3 rotules
L'arc en béton armé d'à peine 20 cm d'épaisseur de Maillart. Trois rotules (2 pieds + 1 clé) ⇒ système isostatique (h = 0) insensible aux tassements, au retrait du béton et aux variations thermiques. Comparaison côte à côte avec arc bi-encastré (h = 3) sous tassement imposé : moments parasites différenciés. Diagrammes M(x) pour les trois systèmes.
Pont de Salginatobel (1930), Tavanasa (1905), Krk (1980, record béton). Heyman 1995.
Cas B
Cathédrale gothique — voûte d'ogive + arcs-boutants
Coupe transversale animée d'une cathédrale gothique : voûte d'ogive concentrant les charges en 4 points, poussée latérale H₀ extériorisée par arcs-boutants, équilibrée par culées extérieures et pinacles (poids stabilisateur). Comparaison roman vs gothique. Chemin des forces : voûte → boutant → culée → sol. Limite physique : effondrement de Beauvais à 48 m (1284). Effet du vent latéral.
Notre-Dame de Paris (1163), Chartres (1194), Reims (1211), Amiens (1220, 42 m), Beauvais (1247, ruine 48 m).
Cas C
Viaduc de Garabit (Eiffel, 1884) — arc treillis
Arc treillis en fer puddlé de 165 m de portée à 122 m au-dessus de la Truyère. Membrure supérieure en compression + membrure inférieure quasi-déchargée + diagonales reprenant le cisaillement. Avantage du treillis : poids 5-10× inférieur à un arc plein équivalent, inertie 6× supérieure. Analogie Garabit (1884) → Tour Eiffel (1889) : même équipe, même savoir-faire, treillis horizontal vs vertical.
Eiffel, Koechlin, Nouguier (1884). Encore en service (TER Aurillac-Béziers). Calcul à la main par Ritter.
Cas D
Voiles minces de Torroja — coques HP (1935-1955)
Coques hyperboliques paraboloïdes (HP) : surface doublement réglée par lignes droites, coffrage simplifié, épaisseur extrême (5-8 cm pour 30-60 m de portée). Théorie membranaire : compression principale N₁ + traction principale N₂ croisées à 90°, équilibre interne sans flexion. Comparaison rigidité plane / cylindrique / sphérique / HP. Ouvrages emblématiques : Zarzuela, Recoletos, Algéciras, Manantiales (Candela), TWA Saarinen.
Torroja (Madrid 1935+), Candela (Mexico 1958), Isler (Suisse 1960), Saarinen (NY 1962).
Bloc 4 — Cas pratiques bâtiments
Cas E1
Portique multi-étages sous vent — effet cantilever vs effet portique
Portique R+n sous charge horizontale (vent EC1-1-4). Décomposition en effet cantilever (flexion globale du bâti comme console verticale, Next = M/L sur poteaux extrêmes) + effet portique (flexion locale poutres-poteaux par cadres). Bascule de l'un à l'autre selon élancement H/L. Critère ELS drift δ/H = 1/500.
Méthode du point de contraflexure. Vérification déplacement en tête EC0 §A1.4.3. Solutions IGH : noyau rigide, méga-portique, outriggers.
Cas E2
Plancher mixte acier-béton — effet des connecteurs
Poutre IPE + dalle béton sur bac collaborant. Trois cas de connexion comparés (aucune / partielle 50 % / totale 100 %). Calcul section homogénéisée acier, inertie composite par théorème de Huygens, dimensionnement goujons Nelson EC4. Gain de raideur typique × 3-5 avec connexion totale.
EC4 §6.6. Goujons Ø19 P_Rd = 73,6 kN. n = E_s/E_c = 6,4 court terme. f_max ≤ L/350.
Cas E3
Création d'ouverture dans mur porteur — reprise par poutre
Cas pratique récurrent en réhabilitation. Suppression d'une bande de mur porteur, reprise par poutre IPE ou HEA bi-articulée. Effet voûte de décharge (Heyman) sur la maçonnerie restante. Calcul de la charge linéique cumulée (mur + planchers + étages au-dessus). Vérification ELU σ, τ + ELS flèche. Sondage piège : confondre mur porteur / cloison.
Lien REX : effondrement rue d'Aubagne Marseille 2018 par défaut de reprise. DTU 20.1. Étaiement préalable.
Cas E4
Surélévation de bâtiment existant — 3 stratégies comparées
Densification verticale par surélévation lourde béton (~ 7 kN/m²), acier + bac (~ 3,5 kN/m²) ou bois CLT (~ 2 kN/m²). Comparaison directe pour bâtiment R+6 existant. Notion-clé : capacité résiduelle des fondations (typ. 20 % pour BA 1960-1990, 30-40 % bâti ancien pierre). Loi ALUR/ELAN.
Surélévations emblématiques : Maison du Peuple Clichy (Lacaton-Vassal), HoHo Wien CLT 84 m, Suurstoffi Zurich 26 étages.
Cas E5
Contreventement voiles + portiques — distribution par rigidité
Répartition de l'effort horizontal H entre voiles BA et portiques au prorata des rigidités K_i. Rigidité d'un voile en console (flexion + cisaillement) : K_voile = 20-50 × K_portique. Conséquence : les voiles absorbent 80-90 % de H, les portiques jouent un rôle redondant. Disposition en plan + torsion (C_M vs C_R). Élancement h_v/L_v et mode de rupture.
Méthode du facteur D (Muto, Japon 1965). EC8 §5 : règles voiles BA. Cage d'escalier-ascenseur comme noyau centré.
Cas E6
Poutre-voile (deep beam) — transferts entre étages
Quand le rapport L/h ≤ 3, la poutre devient une membrane 2D et la théorie Bernoulli-Navier ne s'applique plus. Modèle bielles-tirants (strut-and-tie) de Schlaich-Schäfer (EC2 §6.5). Tirant horizontal en bord bas concentré sur 0,2·h, armatures HA20. Applications : parking RDC sous immeuble, hall commercial, réservoirs, silos. Citicorp Center 1977.
EC2 §9.6.1 (L/h ≤ 3 ⇒ poutre-voile). Méthode D-region / B-region. Cas Citicorp Center NY (William LeMessurier, 1977-1978).
Bloc 3 — Treillis isostatiques
Concept 3
Treillis — méthode des nœuds animée
Ferme triangulée à 5 barres, 4 nœuds (h = 0). Animation nœud par nœud en 6 étapes : réactions, nœud A, symétrie, nœud B central, nœud D vérification, tableau récapitulatif. Polygone des forces en chaque nœud pour la méthode graphique de Cremona. Identification traction / compression par signe.
Tour Eiffel calculée à la main par Koechlin (1889). Convention signes traction (+) / compression (−).
Concept 4
Treillis — méthode des sections (Ritter)
Treillis Warren à n panneaux. Section virtuelle interactive (curseur sur position) traversant 3 barres : membrure supérieure, membrure inférieure, diagonale. 3 équations d'équilibre sur la demi-structure isolée → résolution directe sans dérouler tous les nœuds. Choix judicieux du point pour ΣM = isolation d'une seule inconnue.
August Ritter (1862). Analogie poutre fléchie : Mmax au centre, Vmax aux appuis.

Articulation avec le cours

Bloc 1 (hyperstatique) : Hook 1 ouvre le CM par la comparaison visuelle des trois portiques. Concept 1 expose la méthode des forces, à appliquer ensuite en TD sur la poutre à 3 travées, sur les portiques bi-articulé et bi-encastré, et sur les treillis hyperstatiques (croix de Saint-André ajoutée à un treillis isostatique).

Bloc 2 (arcs) : Hook 2 introduit l'intuition de Gaudí et le concept de funiculaire. Concept 2 formalise la ligne des pressions et la règle du tiers central, à appliquer en TD sur des arcs en pierre (pont du Gard simplifié) et béton armé (Maillart). Lien direct avec RDM 1 (notion de noyau central de section et flexion composée).

Bloc 3 (treillis) : Concept 3 introduit la méthode des nœuds, Concept 4 la méthode de Ritter. Les TD typiques portent sur les fermes de toiture en bois assemblées, les ponts ferroviaires triangulés (Pratt et Howe), les pylônes treillis, et la Tour Eiffel comme étude de cas historique.

Bloc 4 (cas pratiques bâtiments) : ajout récent — 6 cas pratiques tournés bâtiment. Le portique multi-étages sous vent (E1) prolonge le Bloc 1 (hyperstatique) ; le plancher mixte (E2) prolonge les concepts de flexion composée et de section composite ; la création d'ouverture dans mur porteur (E3) illustre la reprise de charge et fait le lien avec le REX rue d'Aubagne ; la surélévation (E4) traite de la descente de charge dans le contexte rénovation urbaine ; le contreventement voiles+portiques (E5) introduit la distribution d'effort par rigidité (préparation au parasismique) ; la poutre-voile (E6) formalise la méthode bielles-tirants (Schlaich-Schäfer, EC2 §6.5).

Animations à venir (dépôts futurs) :

• Méthode des déplacements (matrice de rigidité [K]·{u}={F})
• Théorème de Castigliano pour calcul de déformations
• Instabilité géométrique des treillis (mécanismes : 2n − r < b)
• Calcul plastique des structures continues (théorème statique et cinématique)
• Réservoirs cylindriques (théorie membranaire des coques de révolution)
• Ponts haubanés et ponts suspendus modernes

Lien avec les autres thématiques d'enseignement — RDM 2 prolonge directement Mécanique Vibratoire sur le terrain statique. Les concepts d'isostaticité/hyperstaticité et les méthodes énergétiques (Castigliano, principe des travaux virtuels) sont mobilisés en parasismique (capacity design) et en ouvrages spécifiques (pathologies BA).