Une poutre-voile (L/h < 3) ne suit plus l'hypothèse de Bernoulli : on la dimensionne par bielles-tirants. Sous charge uniforme sur appuis simples, le tirant inférieur reprend T = M_Ed/z (bras de levier z forfaitaire EC2), donnant les aciers principaux A_s à ancrer aux appuis ; on vérifie la bielle/nœud d'appui (compression du béton) et le ferraillage de peau minimal sur les deux faces. Coefficients NA : α_cc = 1,0.
Poutre-voile si L/h < 3 (sinon flexion classique — module A3)
Bras de levier (EC2 / CEB) : z = 0,2·(L + 2h) si 1 ≤ L/h < 3 ; z = 0,6·L si L/h < 1
M_Ed = q·L²/8 ; tirant T = M_Ed/z ; A_s = T/f_yd (réparti sur ≈ 0,1·z à 0,2·z depuis le bas)
Réaction d'appui R = q·L/2 ; nœud d'appui (CCT) : σ ≤ k₂·ν′·f_cd, ν′ = 1 − f_ck/250, k₂ = 0,85
Ferraillage de peau (§9.7) : ≥ max(0,1 %·b ; 150 mm²/m) par face, chaque direction (treillis)
Verdict : η ≤ 0,90 · 0,90 < η ≤ 1,00 · η > 1,00 (η = max tirant·, nœud d'appui).
Spécificités : les aciers du tirant sont constants sur toute la portée (pas d'épure d'arrêt comme en flexion) et doivent être parfaitement ancrés au-delà des appuis (crosses, plaques). La hauteur utile mobilisée est limitée (z forfaitaire) : au-delà de h ≈ L, augmenter h n'augmente plus le bras de levier. Vérifier aussi la compression sous charges concentrées et le flambement hors-plan du voile (élancement). Pour une poutre élancée (L/h ≥ 3), utiliser la flexion classique (A3).