Une charge lâchée accidentellement en cours de chantier (charge de levage, banche, benne) impacte une dalle avec une énergie de chute qui doit être absorbée par la déformation plastique de la dalle. L'avant-projet consiste à comparer l'énergie incidente à l'énergie capable du plancher (mécanisme de flexion plastique, rotules) : tant que l'énergie incidente reste inférieure à l'énergie capable, la dalle dissipe le choc sans rupture en chaîne ni perforation. Outil de tri rapide : il oriente la décision (dalle courante suffisante ? ferraillage à renforcer ? étude détaillée requise ?) avant tout calcul fin.
① Énergie incidente (à dissiper)
E = η_t · m · g · h [kJ]
— η_t = rendement de transfert (1,0 = chute libre intégrale, sécuritaire ; une valeur
inférieure doit être justifiée : inertie de la dalle, restitution).
② Énergie capable de la dalle (mécanisme de flexion plastique)
E_cap = M_Rd · θ_p · L_r [kJ] avec M_Rd = A_s · f_yd · z (z ≈ 0,9·d)
— M_Rd = moment résistant par mètre, θ_p = rotation plastique des rotules,
L_r = longueur totale des lignes plastiques du mécanisme.
③ Critère
E ≤ E_cap → la dalle absorbe le choc par flexion plastique (η = E/E_cap).
Portée de l'outil — tri d'avant-projet sur le mécanisme global de flexion. Il ne couvre pas le poinçonnement local (cône de béton arraché sous l'impact) ni le rôle d'arrêt du treillis inférieur sur l'objet : ces vérifications locales, déterminantes pour les charges concentrées et lourdes, relèvent d'une étude spécifique. f_yd = 435 MPa (B500), g = 9,81 m/s².
Quand ça ne suffit plus — η > 1, charge lourde/concentrée, faible épaisseur, exigence de non-perforation : étude détaillée (poinçonnement, comportement membranaire des armatures, ferraillage renforcé, voire dalle dédiée). Les chutes de charges importantes sont rarement absorbées par la seule flexion globale.