REGAIN, requalification d'un élément existant
Un élément existant jugé insuffisant avec les hypothèses de conception ne l'est pas forcément. La deuxième génération du code béton permet de recalculer les coefficients partiels à partir de ce que l'on sait vraiment de l'ouvrage : résistance établie sur carottes, acier éprouvé en traction, hauteur utile mesurée au droit de la section qui gouverne. Chaque mesure achète de la marge, et cette feuille la chiffre.
La méthode reconstruit chaque coefficient depuis les incertitudes réelles, par la formule de fiabilité. La feuille rend l'échelle des gains palier par palier, du dossier de conception à l'ouvrage ausculté, puis vérifie la flexion et l'effort tranchant avec les valeurs requalifiées. Le moteur s'auto-contrôle à chaque calcul : alimenté par les incertitudes de référence, il doit retrouver les coefficients réglementaires courants.
Élément et sollicitations
Part de l'effet total portée par les actions variables de durée inférieure à l'heure. Elle règle le facteur de durée de chargement du béton, de 0,85 pour un chargement quasi permanent à 1,00 dès vingt pour cent.
Béton, carottes
La résistance in situ est la valeur caractéristique issue de la campagne, établie par ailleurs. La conversion vers l'équivalent éprouvette dépend de la zone de prélèvement : plus les carottes visent la région qui gouverne, plus la conversion rend de résistance.
Acier, éprouvettes
Géométrie
Mesurer la hauteur utile au droit de la section qui gouverne éteint presque l'incertitude géométrique, et c'est elle qui pèse le plus sur le coefficient de l'acier. La valeur de calcul est l'alternative sans mesure : on retranche un écart forfaitaire et l'incertitude disparaît du coefficient.
Effort tranchant, voie détaillée
La voie détaillée de l'évaluation fait répondre la résistance au cisaillement à la déformation réelle de l'armature tendue, évaluée ici en section fissurée sous le moment agissant à la section de contrôle. Elle vaut pour un élément SANS armature d'effort tranchant ; un élément muni de cadres se vérifie par le treillis, hors du champ de cette feuille.
Le même modèle en texte. Modifier puis relire.
Tableau de détail
Référentiel normatif
Règlement appliqué. Calcul des structures en béton, deuxième génération, édition de 2023, y compris ses dispositions d'ajustement des coefficients partiels des matériaux et ses dispositions d'évaluation des structures existantes. Ces dispositions sont de statut informatif : leur emploi relève de l'annexe nationale du pays d'usage, non parue à ce jour pour la France, et leur activation sur un projet doit être actée avec le contrôleur technique.
Hors code. La déformation de l'armature à la section de contrôle est évaluée en section fissurée homogénéisée sous le moment agissant : c'est une méthode d'analyse, plus fruste qu'une analyse non linéaire, et du côté sûr pour ce calcul. La hauteur totale est prise égale à la hauteur utile augmentée d'un enrobage d'axe forfaitaire.
Domaine d'emploi. Élément fléchi rectangulaire en béton armé, sans effort normal, sans précontrainte, sans armature d'effort tranchant pour la vérification au cisaillement, hors béton dégradé : les effets d'une corrosion, d'une réaction de gonflement ou d'un feu passé relèvent d'une expertise préalable qui fournit alors les sections et matières résiduelles. La mise à jour des coefficients par essais n'est tabulée qu'en situation durable. La forme approchée de la formule de fiabilité s'arrête à un coefficient de variation de résistance de 0,20 : au-delà, la feuille refuse de rendre une valeur plutôt que d'extrapoler, ce qui exclut notamment les campagnes de moins de huit carottes.
Méthode. Chaque coefficient partiel est le rapport de deux nombres : l'exponentielle du produit de la sensibilité, de l'indice de fiabilité cible et du coefficient de variation de la résistance, divisée par le biais de cette résistance. Le coefficient de variation combine celui de la matière, celui de la géométrie et celui du modèle ; le biais combine les leurs. Tout ce que la requalification apporte consiste à remplacer, dans cette combinaison, les incertitudes forfaitaires par celles que la campagne d'essais a réellement mesurées, corrigées de l'effet du nombre d'essais.
Ce que chaque levier paie. Mesurer la hauteur utile agit surtout sur le coefficient de l'acier, qui passe de 1,15 à près de 1,04 : l'incertitude géométrique en était le premier contributeur. Les carottes agissent sur le béton et sur le cisaillement, dans les deux sens : une campagne serrée et fournie fait descendre les coefficients, une campagne dispersée les fait monter, et le texte rend alors l'ajustement obligatoire. Le facteur de durée de chargement, propre à l'évaluation, rend au béton jusqu'à quinze pour cent selon la part des actions de courte durée.
Contrôle. Deux recoupements tournent à chaque calcul et se lisent avant le verdict. Le premier est l'auto-validation du moteur : alimentée par les incertitudes de référence, la formule de fiabilité doit retrouver les trois coefficients réglementaires courants, à moins d'un pour cent ; si ce recoupement tombe, aucun résultat n'est exploitable. Le second recoupe le moment résistant du palier de conception par le bras de levier forfaitaire, chemin qui ne partage pas une ligne avec le calcul par équilibre de la section.
Convention. Sur la figure de section, la compression comptée positive en fibre supérieure. Les repères sont portés sur chaque planche avec leur origine. Longueurs en mètres, contraintes en mégapascals, moments en kilonewtons mètres.